Critiques de films

Critiques de films.

Bread and Roses.
Réalisateur: Ken Loach.
1999.

Le plus récent film du réalisateur britannique Ken Loach, qui nous a donné des classiques commeRiff Raff et Land and Freedom (sur la révolution espagnole), se passe à Los Angeles et raconte le récit de travailleurs et de travailleuses de l'entretien ménager. Bread and Roses présente le mouvement syndical "Justice for Janitors", plus précisément un regroupement de travailleurs et de travailleuses pour la plupart immigréEs et nouvellement syndiquéEs, prêtEs à utiliser l'action directe pour atteindre leurs buts. En réussissant à entremêler les thèmes de lutte de classes, d'oppression patriarcale et d'immigration clandestine, Loach a réalisé encore une fois un film riche en réalisme qui pousse non seulement à la réflexion, mais aussi à l'action! Alors que quelques scènes nous poussent à hurler de joie, comme celle où les "janitors" vont interrompre, avec le bruit de leurs balayeuses, une soirée chic de locataires riches et célèbres de l'espace de bureau qu'ils et elles entretiennent, d'autres sont d'une dureté sociale honnête, comme par exemple celles traitant de la prostitution. Avec Bread and Roses, un film ancré dans la réalité des prolétaires mexicanos-américainEs, Ken Loach prouve une fois pour toute que sa sensibilité anticapitaliste et populaire peut dépasser le cadre typiquement britannique qui est présent dans la majorité de ses films.

Billy Elliot
Réalisateur: Stephen Daldry
2001.

Sur le fond de la grève des mineurs du nord de l'Angleterre en 1984, Billy Elliot est l'histoire d'un jeune homme qui préfère le ballet à la boxe. Un jour, lors de ses cours de boxe, Billy fait connaissance de la classe de ballet qui se donne tout près. Très vite, il s'y joint et découvre non seulement le talent exceptionnel qu'il a pour la pratique, mais aussi le plaisir que ça lui apporte. Malheureusement, l'idée que Billy s'amuse en faisant du ballet ne réjouit pas tellement son père, lui qui est impliqué, comme son fils aîné, dans la grève. Le père de Billy, prisonnier par moments de l'idéologie patriarcale, a bien de la misère à digérer le fait que le peu d'argent qu'il peut dépenser pour les loisirs de Billy ira dorénavant pour des cours de ballet. Billy se retrouve alors à pratiquer le ballet quelque peu clandestinement, jusqu'à ce que son père change d'idée et décide de le supporter. Par contre, c'est seulement avec l'aide de toute la communauté de grévistes que Billy pourra se rendre à l'académie nationale de ballet à Londres, mesurer son art face à d'autres jeunes venant pour la plupart de milieux bourgeois. Choc de classes.

Même si Billy Elliot est un film doré par l'illusion de la réussite libérale, il a le mérite de montrer que la fierté et la solidarité ouvrière ne sont pas inséparables d'un désir de rompre avec le conditionnement patriarcal.