Conflit dans les concessionnaires automobiles

Conflit dans les concessionnaires automobiles:
« les patrons essaient de casser le syndicat »

Le lock-out dans les concessionnaires automobiles de la région de Québec,
qui dure depuis le 11 décembre, est réapparu sur l’écran radar des médias
au mois de mars. Il y a d’abord eu les manifestations de syndiqués,
groupant plus de 700 personnes, lors du Salon de l’auto puis, quelques
semaines plus tard, une sortie des patrons accusants le Syndicat National
des Employés de Garage (SNEG-CSD) d’avoir quitté la table de négociation
en refusant une «offre substantielle » de la partie patronale.

Les patrons se rabattent sur le statu-quo

« Les patrons ne se font pas la même idée que nous de ce qu’est une
"offre substantielle", explique Marc Auger, le président du syndicat, en
effet, ils nous offrent un "généreux" 4% sur deux ans ce qui est
inacceptable. » L’association patronale, qui avait le gros bout du bâton
cet hiver, commence à se ressentir du conflit explique le SNEG qui avait
prévu le coup. « Depuis le début, ils essaient de casser le syndicat,
raconte Marc Auger, mais ça n’a pas marché alors aujourd’hui ils essaient
de se rabattre sur le statu-quo de la convention. » Le syndicat avait
toujours été très clair qu’en cas de lock-out sauvage, les gens
tiendraient le coup et qu’au printemps se seraient les syndiqués qui
seraient "en demande". « Ce n’est pas vrai que les membres vont accepter
le statu-quo après 15 semaines de conflit ! » s’exclame le syndicaliste.
Le syndicat analyse la nouvelle stratégie médiatique patronale comme une
tentative de semer la zizanie chez les lock-outés dans l’espoir de créer
une pression en faveur d’un règlement à rabais. « Mais ça ne marche pas,
soutien Marc Auger, nous avons une très bonne communication avec les
membres sur les lignes de piquetage et il n’y a pas de pression pour une
assemblée générale. »

Une lutte contre la précarité

Le coeur du conflit réside dans la volonté des patrons d’imposer la
flexibilité à leurs salariés. À l’origine la corporation patronale
voulait revenir sur un acquis important : la semaine de quatre jour.
Rappelons que les lock-outés se battent surtout pour leur qualité de vie
et contre la précarisation du travail. Au moment d’écrire ces lignes, il
semble que la partie patronale ait définitivement renoncé à abolir la
semaine de 4 jours, mais tente toujours de faire passer l’introduction du
travail à temps partiel, de s’attaquer à la formation et à la relève,
sans parler de l’élargissement de la sous-traitance. Les syndiqués
refusant catégoriquement des reculs sur ces questions, surtout à l’heure
ou le rapport de force est en train de changer de camp, l’impasse est
totale. La solidarité, notamment financière, du reste du mouvement
syndical étant au rendez-vous, les syndiqués ont tout le loisir de tenir
le coup jusqu’à faire plier définitivement les patrons.

N.B. : Rien n’oblige les propriétaires de voiture (et même les
"locateurs") de traverser les lignes de piquetages. En effet, tous les
fabriquants automobiles ont un numéro 1-800 où vous pouvez appeler pour
connaître l’adresse du garage pas en lock-out et reconnu par le
fabriquant le plus proche (et vous plaindre, évidemment). Théoriquement,
les concessionnaires en lock-out ne sont pas sensé être en mesure de rien
faire dans leur garage, si ce n’était pas le cas, cela voudrait dire
qu’ils utilisent des scabs...