Courrier: Les « Accomodements raisonnables »

Assez! Qu’on nous foute la paix, une fois pour toutes, avec «L’identité québecoise», un terme qui colle mal à la gélatine qu’on veut nous faire prendre pour une société. Il suffit d’éteindre son téléviseur un certain temps pour sentir peu à peu s’évaporer l’illusion d’unité de la «nation» comme l’illusion d’unité du monde. Rien n’est vécu collectivement, chacun est seul à se rêver «citoyen» et «participant à l’histoire». Chacun est seul devant l’écran. Une fois ce fait constaté, le drapeau du Québec (l’union du lys monarchiste et de la croix catholique) devrait être piétiné et souillé par la foule. Ce serait là un premier geste réellement collectif !

Il faut que cesse enfin ce cirque médiatique, ce faux débat sur les «accomodements raisonnables» qui ne sert qu’à détourner les exploités du constat de leur asservissement. Qu’un parti de droite comme l’ADQ ait réussi à mobiliser le vote en feignant plus ou moins de questionner les politiques québécoises sur l’immigration montre assez bien qu’une xénophobie existait en latence chez ce troupeau d’esclaves qui s’était, jusqu’à maintenant, renvoyé à lui-même l’image d’un peuple acceuillant.

Ce nationalisme, ce reste bien entretenu des frustrations post-coloniales, qui aura servi un temps, aux québécois francophones, à lutter contre la servitude des «boss» du Haut Canada et à se gagner une meilleure part du gâteau capitaliste, ce nationalisme est aujourd’hui l’instrument de la prise de pouvoir pour un parti politique au service du patronat dont les ambitions avouées sont de saper dans les acquis sociaux et d’installer une dictature du fric semblable à celle des USA. Les autres partis bourgeois, au lieu de dénoncer cette démagogie, ont essayé de la récupérer et de la faire jouer à leur avantage. Preuve, s’il en est une, qu’aucun pouvoir politique s’exerçant de haut en bas ne peut agir sans systématiser le mensonge et l’hypocrisie.

Libertaires, insoumis, nous refusons ce pouvoir centralisé qui transforme les peuples en bovins. Nous nous révoltons contre les frontières qu’on nous impose comme des enclos. Défendre la laïcité comme un absolu serait défendre absolument des institutions que nous conchions. Nous sommes plutôt pour le blasphême.

Québécois, Québécoises, cessez de l’être !

-----
Des lecteurs nous ont fait parvenir ce texte que nous publions avec plaisir. Vous aussi pouvez nous soumettre vos textes en écrivant à nefacquebec@yahoo.ca. Nous ne pouvons pas garantir que nous allons tout publier (faute d’espace) mais toutes les soumissions seront prises en considération.

==
Extrait de Cause commune no 17