LA BRUTALITÉ POLICIÈRE FRAPPE ENCORE

Comme plusieurs d’entre vous l’ont sûrement vu, ressenti ou tout simplement subit, la violence policière est encore particulièrement présente au Québec. Trop souvent, la répression dirigée par les outils du pouvoir étatique s’abat sur ses victimes en toute impunité. C’est exactement ce qui est arrivé le 25 juin dernier dans les résidences de l’Université Laval à Québec. Stéphane Datey, jeune étudiant en génie électrique, s’est retrouvé en état de crise sur les lieux de son travail et par le fait même, de résidence. Il est complètement perdu, nu et isolé dans une pièce sans issue. Même si plusieurs personnes ont rencontré Stéphane dans les couloirs et mentionnent qu’il ne manifestait aucune agressivité, les policiers ont procédé à une intervention musclée et injustifiée. Sur les huit policiers, sept ont activement participé à l’agression.

Comme l’expliquent ses proches, «au moment de l'intervention des policiers, Stéphane était reclus dans la salle de bain d'une suite du 7e étage du Pavillon Lemieux. Stéphane est nu et n'a pas d'arme. Les policiers chargent Stéphane et le basculent dans le bain. Ils le maintiennent dans le bain avec un bouclier et lui mettent une couverture de laine rouge sur la tête et le haut du corps. Ils l'aspergent de poivre de Cayenne sous la couverture. Ils lui menottent les poignets avec les pieds. On le sort du bain. Stéphane arrête subitement de résister. L'ambulancier enlève la couverture et constate que Stéphane est inconscient et ne réagit à aucun stimulus. À son arrivé au CHUL, on constate que Stéphane est dans un coma de stade 6. Il mourra deux jours après dans la plus grande solitude : les policiers n'ont jamais averti ses proches, ni à son entrée au CHUL, ni lors de son transfert à l'Hôtel-Dieu alors qu'ils avaient été informés de l'état critique de Stéphane. Bien que la perte de conscience corresponde exactement au moment de l'intervention policière où Stéphane, aspergé de poivre de Cayenne, avait la couverture sur la tête. »

Ce triste évènement n’a toutefois pas trouvé de coupable. Comme les cochons provenaient du service de la police municipale, l’enquête a été transférée à la Sûreté du Québec, pour finalement retomber entre les mains du coroner. Selon le coroner, les soi-disant « agents de la paix » n’ont rien à se reprocher. Au contraire, ce dernier prétend que la couverture « n'a probablement pas été un facteur déterminant dans la perte de conscience ». Encore une fois, l'état assassine et se blanchit les mains. Tout cela, il le fait impunément parce que la population ne se tient pas debout. Le jour où votre enfant sera assassiné de la sorte, agirez-vous?

Solidarité avec Christiane Dupuis et les proches des autres victimes d’assassinats policiers.

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Extrait de Cause commune no 10.