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Sur les lignes: une chronique syndicale

À contre-courant de ce qui se vit dans l'ensemble de l'Amérique du nord, le syndicalisme progresse depuis une dizaine d'année au Québec. Nous apprenions récemment que les syndicats avaient maintenant 1 303 500 membres au Québec, soit 41,2% de touTEs les salariéEs de la province (28,4% dans le privé). À l'heure où les syndicats semblent renouer avec la lutte et la confrontation, une organisation révolutionnaire ne peut pas passer à côté de ce mouvement de masse, aussi imparfait, bureaucratisé et réformiste soit-il. D'où cette chronique syndicale qui tentera de traiter numéro après numéro des conflits de travail en particulier et du mouvement syndical en général.

L'idée de grève générale rebondi.

Plus ou moins enterrée après les fêtes, l'idée de grève générale, qui était dans l'air en décembre, rebondi dans les instances syndicales grâce à la pression de la base militante. La CSQ, la CSN et la FTQ ont annoncées coup sur coup qu'elles allaient aller chercher des mandats de grève générale de 24h auprès de leurs syndicats locaux. C'est la CSQ qui, dès le mois de décembre, a lancé le bal en démarrant une tournée des assemblées générales de ses 250 syndicats locaux pour aller chercher un mandat de grève générale de 24h. Comme c'est la première organisation syndicale a avoir mis sur la table une proposition concrète, et comme cette proposition est la plus modeste de toutes celles circulant dans le monde du travail, les autres se sont enlignés sur elle. À la CSN, où les assemblées générales des 2 700 syndicats locaux devront aussi voter sur un mandat similaire, on parle plutôt de grève sociale. L'idée semble être de ne pas se cantonner strictement sur des revendications purement syndicales (comme l'article 45). La centrale a d'ailleurs adopté une plate-forme faisant une large place aux préoccupations des autres mouvements sociaux (la deuxième revendication, par exemple, porte sur un plan de lutte à la pauvreté et un barême plancher à l'aide sociale). À la FTQ, on est un peu plus frileux et les consultations sur la grève sont une occasion de resserer les rangs. La plus grande centrale québécoise s'en tient strictement à des questions syndicales et propose plutôt à ses membres un "pacte de solidarité syndicale". Même si la résolution type qui circule à la FTQ parle de grève générale, il ne s'agit pas encore de prendre des mandats, comme dans les autres centrales, mais de "mener dès maintenant le débat sur le principe d’une grève générale", ce qui est sensiblement différent (et ressemble fort à une tentative de noyer le poisson). Celà n'empêche bien sûr pas les syndicats FTQ les plus touchés par les politiques de Charest de prendre déjà des mandats de grève générale, il y a ainsi un certain nombre de sections locales du SCFP qui ont un mandat "au cas où".

Ah la belle paix sociale...

Se syndiquer, peut importe le milieu, c'est jamais une partie de plaisir et, malgré tous les beaux discours sur les relations de travail soit-disant civilisées, il arrive fréquement que les patrons le prenne très, mais alors là très mal. C'est ce qu'ont appri à leur dépend la trentaine de profs du Collège Champigny à Québec. Déçu de la "lenteur des négociations", le conseil d'administration a envoyé à tout le personnel un avis de licenciement collectif et fait passer une annonce radiophonique selon laquelle l’institution d'enseignement privée fermera ses portes en juin 2004. C'était 42 jours après l'accréditation du syndicat! Finalement, il y eut plus de peur que de mal puisque la CSQ a réussi à imposer le statu-quo pour un an (le temps pour les membres du syndicat de décider collectivement et démocratiquement ce qu'ils et elles veulent dans leur convention) mais quand même...

'Made in Canada' ça veut pas dire grand chose si y'a pas de syndicat...

Les gens qui achètent leurs bas dans les grandes surfaces connaissent sans doute les marques Lamour, CCM et Wilson, des "bons produits 'made in Canada'". Ne vous laissez pas tromper par l'étiquette! Ces bas là sont fait dans une sweatshop domiciliée à... Montréal. La compagnie Lamour fait travailler ses employées dans des conditions dignes des «sweatshops» du Tiers-
Monde selon le Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI-
FTQ). Ainsi, après douze ans d’ancienneté, une salariée gagne moins de $7.80
l’heure et n’a aucun régime d’assurances ni de retraite. Le syndicat dénonce en plus la compagnie pour anti-syndicalisme. Les 400 ouvrières, en majorité immigrantes, de l'usine de Montréal ont toute la misère du monde à faire respecter leur droit à se syndiquer. Le patron a instauré, dès le début de la campagne de syndicalisation, un régime de terreur dans l'usine. Il a notamment menacé les salariées de congédiement et de fermeture de l'entreprise, s'est ouvertement affiché contre le syndicat par le biais de ses contremaîtres et superviseurs et a publié des tracts antisyndicaux. Le jour du vote, il a intimidé plusieurs salariés lors de réunions forcées; des leaders syndicaux se sont fait harceler pendant que d'autres se sont fait offrir des pots-de-vin pour voter contre le syndicat. Pas surprenant, dans ce contexte, que le SVTI ai perdu son vote le 5 février. Le syndicat est en processus de demande d'accréditation dite remédiatrice, étant donné les violations à la loi. Des manifestations ont édjà eu lieu devant l'usine et devant un magasin de La Baie pour faire pression sur Tricots Lamour.

Victoire des chargéEs de cours

Les chargéEs de cours de l'Université Laval pourront rentrer au travail la tête haute. Au moment d'écrire ses lignes, on apprenait qu'ils et elles avaient acceptés l'entente de principe que leur soumettait leur syndicat après une grève générale de 21 jours. Outre des gains important sur le plan normatif, allant dans le sens d'une plus grande reconnaissance des chargéEs de cours dans l'université, un important rattrapage salarial de 14% rétroactif et une augmentation de 5% pour les deux prochaines années de la convention collective ont été arrachés. Le président par intérim de la FNEEQ-CSN estime que "la combativité des chargéEs de cours et leur détermination sont une source d'inspiration pour l'ensemble des syndiquéEs, dans une période où le syndicalisme retrouve des allures plus militantes." Les chargéEs de cours de plusieurs autres université, notamment dans le réseau de l'Université du Québec, ont actuellement des mandat de grève générale à utiliser au moment jugé opportun.

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Au moment d'écrire ces lignes, 15 mars 2004, il y avait au moins 1 517 syndiquéEs en grève ou en lock-out dans la Belle province, dont certain depuis très longtemps comme les 70 grévistes de Radio-Nord (), en grève depuis le 25 octobre 2002 et les 18 employéEs municipaux de Saint-Jean-de-Matha et de Sainte-Béatrice, en grève depuis le 11 mars 2003 dans les deux cas.

[Extrait du numéro 1 de Cause Commune, le journal d'agitation de la NEFAC]