• warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.
  • warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.
  • warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.

SUR LES LIGNES:

Une chronique syndicale

L'actualité syndicale est prise par la lutte contre le gouvernement Charest (boycott des Forum régionaux, contestations juridique, vote de grève générale) le tout sur fond de négos dans le secteur public. Bref, la conjoncture est lourde de luttes. Pourtant, les luttes dans les entreprises se poursuivent, sans qu'on y porte trop attention.

Serge Savard dans de beaux draps

Le chandail de l'ancien joueur de hockey Serge Savard s'est retrouvé au 'Temple de la honte' à la mi-avril (en pleine série Canadien-Bruins!). C'est que le bonhomme est l'un des principaux actionnaires (à 49%) de l'hôtel Marriott Château Champlain au centre-ville de Montréal. En lock-out depuis le 16 février, les employéEs voulaient ainsi dénoncer le manque de respect de la direction. Récement affilié à la Fédération du commerce (CSN) les syndiquéEs du Chateau Champlain veulent rejoindre les conditions de travail de leurs camarades et, surtout, faire coïncider la fin de leur convention collective avec celle des autres syndicats CSN. Le boss ne veut évidemment rien savoir et se permet d'être très baveux, ainsi il a épluché chaque convention de la CSN a fait ressortir tous les éléments les moins avantageux et les a proposés à ses employéEs en spécifiant que chaque refus entrainerait une diminution de l'offre. L'hôtel, qui n'a pas fermé, est sensé fonctionner avec des "bénévoles" dont certains sont directeurs de grands hôtels dans leurs temps libres... Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller visiter le site du syndicat () qui aime bien la visite et demande de venir le soutenir sur les lignes (1, Place du Canada, Montréal).

Les usines de textiles ne font pas que fermer

On est plutôt habitué à voir les usines de textile fermer et les syndicats faire des pieds et des mains pour "sauver les emplois", comme à Cavalier Textile en estrie où la CSD tente de former une coopérative ouvrière pour sauver l'usine. Pourtant, il y a encore des usines qui ouvrent et des syndicats qui se forment! China Worldbest, une multinationale chinoise, s'est installée à Drumondville il y a trois ans (c'est la mondialisation à l'envers!). À l'origine l'usine, qui produit du fil, devait rapidement embaucher jusqu'à 300 personnes mais le nombre de salariéEs n'a jamais dépassé 125. L'usine ne survivrait que grâce aux injonctions de fonds de sa société mère (qui ne veut pas perdre les 45 M$, dont 15 venant de subventions gouvernementales, investi dans la construction de l'usine). Tout cela n'a pas empêché, au contraire, les salariéEs de se joindre au Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI-FTQ) qui compte déjà quelque 12 000 membres au Québec. Les négociations ont été difficile puisque la première convention collective n'a été signée qu'un an plus tard, le 21 avril dernier. Selon un porte-parole syndical, "(les dirigeants de l'usine) nous ont dit qu'ils n'appréciaient pas notre présence. C'est une culture totalement différente. Les dirigeants nous disaient qu'ils aimeraient mieux avoir des immigrants chinois comme travailleurs dans l'usine." Le contrat prévoit des augmentations de 15,7% sur deux ans ce qui amenera les salaires à la moyenne des syndiquéEs de l'industrie textile dans la région (14$/heure).

Grève contre la flexibilité chez Agropur

Les 200 travailleurs et les travailleuses des usines de Plessisville et Notre-Dame-du-Bon-Conseil d'Agropur --une "coopérative" bien de chez-nous qui se comporte comme une multinationale-- ne veulent rien savoir de la "flexibilité". Pour être sûr d'être bien compris, ils et elles ont votés une grève générale, la première depuis 1981, à 97% après avoir rejeté "l'offre" patronale à 99%. Les deux usines, qui transforment 15% du lait québécois, sont syndiquées à la CSD et négocient en même temps depuis 1983 (elles ont la même convention). Aujourd'hui Agropur veut scinder la négociation en deux et réduire les paiement pour le temps supplémentaire en embauchant des occasionnels et en mettant la semaine de travail sur 7 jours au lieu de 5. « Ils veulent séparer les deux unités pour mieux règner et pour mieux nous affaiblir et ils veulent nous mettre des horaires de travail sur sept jours, alors qu'on a des horaires de travail du lundi au vendredi », s'indigne le président du syndicat, Jean Guy Lefebvre. Avec le nouvel horraire de travail, les employéEs perdraient 11 000$ par année en temps supplémentaire (rien que ça!). On comprend que ça ne fait pas l'affaire des syndiquéEs qui sont en grève depuis le 7 avril...

Grève dans un centre de travail adapté

Ça fait longtemps que tout le monde sait que les programmes de réinsertion à l'emploi sont des pépinières à cheap labor et que les "participantEs" à ces mesures se font littéralement exploiter. Les boîtes qui embauchent des handicapéEs sont sans doutes les pires de toutes. La situation est cependant peut-être appelée à changer, des syndicats se formant de plus en plus dans les patentes d'économie sociale et de réinsertion. C'est le cas, entre autre, de l'Atelier la flèche de fer, à Québec, un centre de travail adapté qui produit de la peinture industrielle. Là bas, la quarantaine d'employéEs handicapéEs se sont syndiquéEs à la FTQ et sont actuellement en grève générale illimitée. C'est que le boss ne leur offre que 56¢ d'augmentation sur trois ans, ce qui porterait leur salaire à la mirobolante somme de 8,50$/heure (15 000$/année). Quand on sait que le gouvernement subventionne chaque job à 115% du salaire minimum (soit 8,57$/heure), la situation est proprement scandaleuse. Selon le syndicat, les employéEs se font exploiter et ils et elles devraient être traitéEs comme n'importe quel autre salariéE. Espérons que leur exemple fera tâche d'huile.

* * *

Au moment d'écrire ces lignes (26 avril 04), il y avait plus de 1 653 prolos en grève ou en lock-out dans la "belle province".