À la défense du droit à l'avortement

L’avortement est encore et toujours un sujet controversé au Canada. Le 1er juin dernier, près de 1000 personnes ont manifestées à Montréal, pour défendre le droit à l’avortement, à l’appel du «Collectif de féministes opposées au projet de loi C-484».

Les pro-vies placent leurs pions, que ce soit dans la rue ou au parlement canadien, avec le projet de loi C-484. Ce projet de loi s’attaque au fondement de la décriminalisation de l’avortement, soit l’identité juridique du fœtus. «Pour nous, il n’y a aucun doute que ce projet de loi nous ramène 20 ans en arrière» s’exclame Claude-Catherine Lemoine, porte-parole du Collectif. «Malgré les exceptions prévues au projet de loi, les menaces sont réelles, nous n’avons qu’à observer comment des projets de loi similaires ont judiciarisé les femmes aux Etats-Unis» lance Julie Sanogo, porte-parole du Collectif. La droite religieuse anti-avortement, qui applaudit à tout rompre, et l’appui du caucus des parlementaire pro-vie ne laisse aucun doute sur l’importance des enjeux.

Ces liberticides, souvent proche de la droite religieuse, croient que les désirs de leurs «amis imaginaires» devraient s’appliquer à tout le monde et que ceux-ci devraient régir les moindres détails de la vie des femmes. Ils ne semblent pas se préoccuper de la qualité de vie d’un enfant qui aurait été mis au monde contre la volonté de sa mère (donc non désiré). Ils ne semblent pas non plus se préoccuper du nombre de femmes qui meurent chaque jour dans le monde, suite aux conséquences d’un avortement clandestin réalisé dans des conditions sanitaires inadéquates. Et pendant ce temps, leurs prêtres continuent de violer des enfants en toute impunité et ça, curieusement, ils n’en parlent pas.

Le contexte actuel est inquiétant en ce qui a trait au droit à l’avortement au Canada : le projet de loi C-484 a été adopté en première lecture et plus près de nous, des pro-vie se feront encore entendre cet automne, avec leur «Chaîne de la vie» en face du Centre Mère-enfant. L’année dernière, une contre-manifestation avait été appelée par le Collectif anarchiste La Nuit et le Collectif féministe libertaire Ainsi-squattent-elles. Celle-ci avait réunit trois fois de plus de personnes que les intégristes religieux.

Il est essentiel et nécessaire de continuer de faire valoir notre opposition à ce discours misogyne, sexiste et patriarcal cet automne. La menace est bien réelle, n’attendons pas qu’il soit trop tard avant de réagir. N’attendons pas d’être obligées de retourner à la vieille méthode du cintre avant de leur crier «vos rosaires loin de nos ovaires !»