Livre : Sur les traces de l’anarchisme au Québec

Lux vient de sortir le premier ouvrage d’importance sur l’histoire de l’anarchisme au Québec.

Il y a 10 ans, on ne savait rien de l’histoire des idées libertaires au Québec. Et puis un militant s’est mis à s’intéresser sérieusement à la question. Des textes sont apparus dans des publications confidentielles --Branle-base, Sabotage-- nous racontant l’histoire du premier groupe anarchiste montréalais (Frayhayt). Puis sont venus des ateliers au Salon du livre anarchiste de Montréal et, finalement, une série de textes dans Ruptures (la revue de la NEFAC). Au fil des publications, de nouvelles informations faisaient surface amenant de nouvelles pistes de recherche. De fil en aiguille, une trame est apparue et le squelette d’un livre a pris forme.

Sur les traces de l’anarchisme au Québec (1860-1960) reprend donc l’essentiel de ces textes publiés ici et là et les enrichit de nouvelles informations inédites. On y suit les tribulations de plusieurs générations de révolutionnaires issus de l’immigration (française, juive, espagnole, notamment) ayant échoué sur les rives du Saint-Laurent ainsi que leurs alliés et camarades natifs de l’endroit. Au passage, plusieurs révoltes --grèves, émeutes ou les deux-- auxquelles les anarchistes ont pris part sont tirées de l’oubli.

Il existe une quantité impressionnante de travaux sur l’histoire de l’anarchisme en Espagne, en France, en Russie et dans un certain nombre de pays d’Europe et des Amériques. Normal, à un moment ou un autre l’anarchisme y a exercé une influence importante dans le mouvement ouvrier allant même, dans le cas de l’Espagne et de l’Amérique latine, jusqu’à être la force motrice du mouvement révolutionnaire. Rien de tel dans la Belle Province. Ici l’anarchisme n’a jamais vraiment pris racine dans la classe ouvrière. De là à dire que l’anarchisme n’a pas d’histoire au Québec, il y a un pas que ce livre nous empêche enfin de franchir.

Sur les traces de l’anarchisme au Québec (1860-1960)
Mathieu Houle-Courcelles, Lux, Mtl, 2008, 280 pages

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Extrait du numéro 20 de Cause commune