Mission canadienne en Afghanistan, le gouvernement rit de nous !

Selon toute vraisemblance, le mâle dominant du Canada, Stephen Harper, adore la guerre. Celui-ci a remporté récemment un vote de confiance à la Chambre des communes portant sur une motion visant à remettre la fin de l’occupation canadienne en Afghanistan à février 2011. Les officiers de l’armée sont-ils nostalgiques à l’idée de quitter leurs nouveaux amis afghans, tous ces criminels de guerre endurcis recyclés en députés?

On rit jaune bien sûr, car cette idée farfelue dépasse les bornes. Le fait de remettre à 2011 la fin de cette occupation alors qu’elle était prévue pour 2007 est suffisant pour démontrer que la stabilité ne s’obtient pas à coups de crosse et de canon, ni en plaçant au pouvoir les membres d’un groupe traînant une longue tradition de viols et de pillages (l’Alliance du Nord). Les peuples afghan et canadien ont été trahis une fois de plus et on les astreindra encore à s’affronter alors que cela ne sert les intérêts ni de l’un, ni de l’autre. Lorsque l’éducation ne sera accessible que dans les madrassas (écoles coraniques) et que toutes les femmes auront été renvoyées du gouvernement, on saura que notre armée n’a rien fait de bon pour ce pays.

Impérialisme. Hégémonie. Des termes qui reviennent à la mode. Oui, qui reviennent. Rien n’a changé, en fait. Peu importe la période historique à laquelle on fait référence, on trouve des exemples qui démontrent que ces verrues politiques, ces très honorables Premiers ministres du Canada, n’ont jamais servi qu’à pousser nos pauvres ancêtres à aller mourir pour les intérêts d’une superpuissance, traditionnellement la Grande-Bretagne.

Attardons nous à la Première Guerre mondiale (1914-1918), qui ressemble sur plusieurs plans à la guerre en Afghanistan. Cette guerre trouve ses racines dans une montée de l’impérialisme ainsi que dans le désir des États d’étendre leurs zones d’influence à certaines régions instables, notamment les Balkans. Comme aujourd’hui, avec la récente adoption de la loi C-3 sur le régime des certificats de sécurité, le gouvernement fit adopter une loi pour permettre à l’État de prendre des mesures drastiques et anticonstitutionnelles au nom de la sécurité nationale (la Loi sur les mesures de guerre).

Mais les similitudes ne s’arrêtent pas là! Nous savons que le gouvernement conservateur actuel a absolument besoin de l’appui du Parti libéral, lequel prétendait s’opposer à ce projet il n’y a pas si longtemps, pour faire adopter sa motion. En 1918, le mâle dominant du Canada était aussi le chef du Parti conservateur. Or, celui-ci avait aussi besoin de l’appui du Parti libéral pour faire passer son projet de conscription militaire. De façon semblable à aujourd’hui, il recruta des libéraux pour former un gouvernement unioniste!

Pour la suite, fini de rire, parce que ce n’est plus drôle. La loi permettant la conscription fut adoptée et le triomphant gouvernement se servit de 400 000 prolétaires de plus pour défendre les intérêts de l’Empire britannique dans un conflit qui aurait pu être beaucoup moins atroce sans des alliances servant une minuscule classe d’aristocrates qui n’ont jamais été au front.

Lorsque la population de Québec manifesta son opposition dans une série d’émeutes entre le 28 mars et le 1er avril 1918, on fit installer une mitrailleuse au carrefour des rues St-Vallier, St-Joseph et Bagot, pour tirer sur la foule. Résultar: 4 morts et plus de 75 blessés.

90 ans plus tard, nous commémorons cet événement douloureux et le gouvernement, lui, se prépare à rire de nous en répétant l’histoire.

Ce 28 mars, marchons solidairement pour Honoré Bergeron, Alexandre Bussières, Édouard Tremblay et Georges Demeule, coupables comme nous d’idées anti-militaristes et réprimés dans le sang il y a 90 ans. Montrons que la répression est inutile parce qu’aujourd’hui comme hier, nous rejetons leur guerre!

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Extrait du numéro 19 de Cause commune