Droit au logement : Le FRAPRU propose le camp des 4 sans

Environ 250 locataires ont défilé à Québec, le 11 mars, à l’appel du FRAPRU. Ultime pression avant le dépôt du budget provincial, la manif était également prétexte à annoncer le Camp des 4 sans qui aura lieu cet été, en plein 400e anniversaire de la Ville de Québec.

Le logement laissé pour compte

Depuis deux ans, le logement est laissé pour compte dans les budgets libéraux. Le premier budget de Monique Jérôme-Forget avait été désastreux à ce cha-pitre. Les investissements prévus étaient rachitiques: 2000 logements en deux ans alors que des projets totalisant 10 000 unités sont dans les cartons des GRT (groupes communautaires développant des coopératives d’habitation et des OSBL). À Québec, la chute a été drastique: de 440 nouveaux logements sociaux il y a deux ans, on est passé à 78 l’an dernier. Or, le nouveau budget prévoit exactement la même chose pour deux années supplémentaires.

Pourtant, la crise du logement perdure. Québec est d’ailleurs championne québécoise à ce chapitre (il s’agit de la ville québécoise la plus touchée). Véronique Laflamme, intervenante dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, estime que l’été 2008 sera particulièrement dur pour les locataires de Québec: «Alors que le taux d’inoccupation des logements locatifs devrait être de 3 %, il n’est que de 1,2 % dans la région mé-tropolitaine de Québec et chute à 0,9 % dans le cas des logements familiaux de deux chambres à coucher et plus. Quant aux logements pour familles à plus faible revenu, ils sont à peu près inexistants, ce qui n’est pas surprenant compte tenu que le coût du logement a augmenté en moyenne de 24 % depuis l’an 2000». Et c’est exactement la même chose qui se vit dans toutes les régions. Seulement, voilà, ça ne fait plus la manchette et ce n’est plus sur l’écran radar des politicienNEs.

Frapper un grand coup

Le FRAPRU chiffre ses demandes à 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans. L’idée est de relancer le développement du logement social avec un programme ambitieux qui s’étalerait sur un mandat. À moyen terme, l’objectif est de doubler le nombre de logement sociaux, soit l’équivalent de 20% des logements locatifs. Évidemment, c’est extrêmement ambitieux dans le contexte politique actuel. C’est pourquoi le mouvement veut frapper un grand coup.

L’idée du FRAPRU est d’organiser un campement à Québec, en plein 400e. Le nom choisi est le Camp des 4 sans puisqu’il s’adressera «aux sans toit, aux sans l’sou, aux sans droits et aux sans voix». L’ouverture du camp est prévue pour le 26 juin. Une manifestation nationale aura lieu le 28 juin dans les rues de la Capitale. À suivre…

(Info: http://www.frapru.qc.ca)

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Extrait du numéro 19 de Cause commune