Sur les lignes, une chronique syndicale

Abolir le droit de grève dans les transports en commun?
Le gouvernement met la table pour mater les syndicats

Le gouvernement provincial jongle depuis peu avec l’idée de retirer le droit de grève aux syndicats du transport public pour le remplacer par un simple arbitrage sans possibilité pour les travailleurs et travailleuses de faire pression. Poussé par une ferveur antisyndicale et talonné par l’ADQ, le gouvernement Charest a en effet, par le biais de son ministre du travail, David Whissel, proféré une menace à peine voilée de retirer purement et simplement ce droit, mesure digne des gouvernements les plus répressifs et autoritaires.

Par le fait même, il met la table pour l’écrasement sans merci d’une éventuelle grève qui se profile dans la présente négociation à la STM, épaulant ainsi l’administration municipale de Montréal qui refuse fermement de concéder quoique ce soit aux chauffeurs en vue du renouvellement de leur convention collective. Rappelons que les chauffeurs n’ont pas fait la grève depuis plus de vingt ans, et que cette mesure servirait donc carrément à faire de cette négo un exemple.
Est-il nécessaire de noter que depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Charest, le droit de débrayage a subi de nombreux coups durs, qui s’ajoutent à toute la série de mesures qui avaient été mises de l’avant par le PQ lors de son passage au pouvoir, entre autres lors de la grève des infirmières? Cette tendance antisyndicale d’un gouvernement qui est à la fois juge et partie (parce que législateur et patron en même temps) tend à se généraliser. D’ailleurs, on a souvent évoqué la possibilité d’une loi spéciale dans le secteur privé, notamment dans le cas de la grève au cimetière Notre-Dame, ce qui laisse à penser que ce genre de démarche gouvernementale, loin d’être une exception, servira d’avantage de prototype à un modèle social où la contestation efficace sera remplacée par la concertation à l’avantage unique du patronat.

==
Extrait du numéro 18 de Cause commune