Sous la plage, la prison... Répression au Mexique

Plus de six mois après l’intervention de l’armée dans la ville de Oaxaca, au Mexique, la répression continue de s’abattre sur nos frères membres des organisations les plus combatives; ceux qui ont été aux premières lignes pour combattre l’infâme gouvernement de Ulises Ruiz. Une répression qui peut s’apparenter à une guerre de base intensité. Pour preuve, depuis le mois de novembre un harcèlement continu frappe les militantEs des milieux sociaux; menaces anonymes, harcèlement, viol, kidnapping....

Le 17 juin au matin, plus de six cent hommes armés de la municipalité de San Miguel Aloapam, accompagnés de fonctionnaires municipaux, ce sont présentés dans le village de San Isidro Aloapam, une communauté du Conseil Indigène Populaire de Oaxaca – Ricardo Flores Magon- (www.nodo50.org/cipo) afin de couper les arbres de la communauté sous prétexte qu’ils sont infectés par un parasite. C’est un conflit qui dure depuis longtemps, un conflit qui oppose les « coyotes » du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et la communauté autochtone du CIPO-RFM. Le maire était complètement saoul lorsqu’une délégation des femmes et des représentants de la communauté en résistance est arrivée pour faire stopper les coupes dans leur forêt. Les paramilitaires ont ouvert le feu, heureusement sans faire faire de blesséEs. Cinq camarades de San Isidro ont été arrêtés et torturés. Au moment de mettre sous presse, nous sommes sans nouvelles d’eux.

Toujours le 17 juin, dans la communauté de Santiago Xanica, un commando de la police gouvernementale et municipale fait irruption dans la maison de Cesar Luis Dias, un militant de l’Alliance Magoniste Zapatiste (www.espora.org/amz/) et conseiller de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca, pour l’appréhender. Tout ceci sous les yeux des ses trois jeunes enfants et sans qu’il n’y ait d’ordre de perquisition ou de mandat d’arrestation! Cette personne est particulièrement visée par la répression, plusieurs fausses accusations s’accumulent et seront portées en procès.

Alors que les agences de voyage et le gouvernement mexicain nous bombardent d’images de plages paradisiaques et de vacances à bas prix, la réalité est tout autre. Partout au Mexique le gouvernement utilise des méthodes dignes des pires dictatures afin d’en finir avec une population de plus en plus révoltée par l’injustice du capitalisme. La réponse des oppriméEs fera trembler les tyrans ! Liberté pour nos sœurs et frères en prisons !

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Extrait de Cause commune, no 15