• warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.
  • warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.
  • warning: preg_replace(): The /e modifier is no longer supported, use preg_replace_callback instead in /home/nefacnet/public_html/includes/unicode.inc on line 351.

Sur les lignes... Chronique syndicale

L’ADQ s’attaque au droit de grève

C’est sans surprise que les deux principaux syndicats représentant des employés des sociétés de transport en commun ont rejeté le projet de loi adéquiste visant à imposer 80% du service en cas de grève dans ce secteur. Populiste, opportuniste, simpliste, bâclé, les syndicalistes n’ont pas eu de mots assez durs pour dénoncer la dernière initiative antisyndicale de Dumont et Cie.

Une attaque frontale

Pour la FTQ et la CSN, le projet de loi adéquiste est une attaque frontale, ni plus ni moins. «C’est un projet de loi bâclé, rédigé dans un objectif purement opportuniste et populiste et qui dénote une méconnaissance grave du dossier», a lancé Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Claudette Carbonneau, la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), renchérit : «Le projet de loi adéquiste ouvre la porte à des dérives importantes. Si on pousse le raisonnement du chef de l’ADQ, chaque fois que la population subirait quelque inconvénient d’une grève, elle pourrait demander à ce que le droit de grève des travailleurs soit retiré ! Un régime de relations de travail digne d’une république de banane ! Ce faisant, le chef de l’ADQ tente d’exacerber un antisyndicalisme primaire et de se faire du capital politique sur le dos des travailleuses et des travailleurs. C’est totalement inacceptable.»

Pour les syndicats, le projet de loi adéquiste rompt l’équilibre en faveur des patrons. «Comment voulez-vous régler un conflit avec 80% du service rendu? Cette mesure ne ferait que prolonger les conflits de travail et pourrir les relations entre les parties. Il n’y aurait plus de pression sur personne! », s’exclame le président de la FTQ.

L’ironie du service essentiel

Il est tout de même ironique de voir les élus de l’Assemblée nationale se mêler d’intervenir dans les conflits touchant le transport en commun et prendre le parti des pauvres usagers. Après tout, en temps normal, ils s’en sacrent de ce service soit disant essentiel!

En effet, le gouvernement du Québec n’a eu de cesse depuis 15 ans de se désengager du financement du transport en commun. Soulignons que de 1991 à 2003 la contribution du gouvernement du Québec a diminué de moitié. Durant cette période, les municipalités ont presque dû doubler leur part de financement sans parler des hausses de tarifs refilées aux usagers. Si on avait appliqué la même logique à l’automobile, il y aurait aujourd’hui des postes à payage sur toutes les routes et tous les ponts !

Si jamais le gouvernement du Québec voulait revenir au niveau de financement de 1991, il faudrait qu’il injecte 500 M$ de plus par année en financement de base. Entre le désengagement gouvernemental et l’activisme syndical, on se demande bien ce qui perturbe le plus ce “service essentiel”.

==

Les limites de la concertation

Le 14 juin, Le Devoir titre “Le plan de redressement de l’UQAM est adopté”. Ce plan, qui prévoit des coupures de 129 M$ sur 5 ans, a été rendu nécessaire à cause des folies de grandeurs de la direction sortante. En lisant l’article, on apprend que 3 membres du C.A. n’ont pas approuvés le plan. Comme par hasard, ce sont les mêmes qui étaient mal à l’aise avec le développement immobilier qui a mit l’UQAM dans le trou. Seul le représentant des étudiants, Patrick Véronneau, s’y est formellement opposé. Deux autres membres se sont abstenus: le secrétaire général de la FTQ, René Roy, ainsi qu’une représentante des professeurs, Lucie Robert. On touche ici aux limites de la concertation et de la cogestion. Il y a visiblement des intérêts contradictoires en jeu.

Il faudra, et vite, revenir aux bonnes vieilles méthodes du rapport de force. Déjà, cinq des sept associations étudiantes facultaires ont convenu de proposer à leurs membres de faire la grève en octobre prochain pour dénoncer à la fois les augmentations de frais de scolarité décrétées par le gouvernement Charest et les hausses de frais afférents prévues dans le plan de redressement. Espérons que, cette fois, leurs camarades syndiqué-es ne s’abstiendront pas...

==

Irak : guerre de classe dans le secteur pétrolier

On s’imagine souvent --à tort-- que la situation politique en Irak se résume à une résistance anti-impérialiste contre l’occupation américaine ou à des conflits sectaires internes. Pourtant, les luttes de classe persistent en Iraq et récemment LE secteur clé de l’économie irakienne, le pétrole (1), connaissait une grève massive.

Au début de juin, après avoir reçu l’avis que leurs primes n’allaient pas être livrées en entier, des membres de la Fédération irakienne des syndicats du pétrole (IFOU) sont tombés en grève. La grève a commencé à même les lieux de travail et a surtout perturbué la distribution interne de pétrole raffiné vers Baghdad et d’autres villes irakiennes. Notons aussi que le port de Basra a été occupé. Le 7 juin, des troupes ont été déployées et plusieurs dirigeants syndicaux ont été menaçés d’arrestation. Une campagne de solidarité internationale menée par des fédérations syndicales internationales et par des groupes anti-guerre a beaucoup aidée pour minimiser la répression.

Les revendications des grèvistes s’étendent à l’ensemble des travailleurs-euses de l’industrie pétrolière irakienne, qui, nous le savons bien, ne bénéficient pas de l’exploitation intensive des ressources naturelles de leur pays. Des revendications en lien avec l’emploi en tant que tel, mais qui regroupent aussi des demandes concernant le logement, la santé et l’éducation. Certaines revendications sont criticables d’un point de vue communiste libertaire, comme celle réclamant de Baghdad “l’autonomie financière et administrative” des pétrolières du sud, ce qui semble clairement jouer à l’avantage de la bourgeoisie locale. Dans son dernier communiqué, le 11 juin, l’IFOU se disait heureuse d’avoir gagné une bataille tactique. L’armée se serait retirée, le ministre du pétrole aurait été réprimandé et des négociations avec le gouvernement sont en cours.

source :

(1) Les exportations de pétrole comptent pour 93% des fonds du budget fédéral de l’Irak.

==
Extrait du numéro 15 de Cause commune.