"La FECQ-FEUQ ne nous représente pas"

==> Voir aussi notre Dossier spécial grève étudiante

"La FECQ-FEUQ ne nous représente pas" pouvait-on lire sur une bannière lors de la manifestation d'ouverture de la grève étudiante, le jeudi 24 février passé. Cette même bannière se retrouve présentement "aux barricades" devant l'entrée du Cégep du Vieux-Montréal, qui est occupée par les étudiant-e-s en grève.

Il faut comprendre la portée d'une telle affirmation, qui est plus qu'un simple slogan, mais bien une position cruciale à prendre durant la grève. Refuser que la Fédération des Étudiant-e-s du Collégial du Québec (FECQ) et son organisation jumelle la Fédération des Étudiant-e-s Universitaires du Québec prennent le contrôle d'un mouvement qui est le fruit de mois de mobilisation à la base n'est que logique, et n'est qu'en fait la continuité de ce qui a été entrepris. Refuser la représentation de représentant-e-s illégitimes est un pas vers l'autogestion de la lutte.

Il n'y a rien de glorieux à s'asseoir à la table avec le gouvernement et d'entreprendre des négociations. Par contre, faute d'une rupture complète avec le système d'éducation actuel (et dans une plus large mesure, avec le système capitaliste!), des négociations seront nécessaires pour consolider les gains possibles de la grève. En 1996, lors de la dernière grande grève générale, la FECQ-FEUQ avait 'dépassé' le MDE et le mouvement de base pour s'imposer comme interlocuteur principal avec le gouvernement. Alors qu'ils ont officialisé le gel des frais de scolarité (ce qui était vraisemblablement déjà gagné à cause de la force et de l'ampleur du mouvement), ils ont aussi concédé un recul important, celui de la taxe à l'échec, une mesure terriblement impopulaire qui en fait pénalisait les étudiant-e-s les plus pauvres qui coulaient leurs cours.

Quand vient le temps de négocier avec la partie qui nous oppose, les libertaires exigent des représentant-e-s dûment mandatés et révocables en tout temps. Toute entente avec le gouvernement devrait par la suite être acceptée en assemblée générale. À quoi bon de lutter si l'on ne décide pas de l'orientation de son mouvement?

-l'opinion d'un membre de la NEFAC-Montréal