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Sur les lignes : Une chronique syndicale

Conflit chez Super C : Les employéEs se tiennent debout

La grève qui paralyse trois épiceries Super C de la région de Québec illustre à merveille pourquoi il faut que la campagne de syndicalisation des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) chez Wal-Mart réussisse. METRO veut en effet fermer l'un des trois magasins pour se débarrasser des syndiquéEs, augmenter la sous-traitance et baisser les salaires des employéEs qui resteraient après le carnage. Tout ça au nom de la sacro-sainte compétitivité.

Les 92 employéEs du Super C de Beauport sont membres de longue date, comme leurs camarades de Lévis et Neufchatel, du local 503 des TUAC, le même qui vient de syndiquer le Wal-Mart de Jonquière. Avec les années, ils et elles avaient réussi à obtenir des conditions de travail relativement décentes. Sauf que depuis 20 ans, le visage des épiceries a radicalement changé. La précarité domine partout, tout comme les bas salaires. Aujourd'hui, METRO trouve que 15$ de l'heure c'est franchement pas compétitif et propose donc de ramener les salaires à 12$ de l'heure comme ça se fait chez la compétition (MAXI par exemple). "Ce qu'on nous reproche c'est notre ancienneté, explique un militant syndical rencontré sur les lignes, ça fait vingt ans que le magasin est ouvert alors que les compétiteurs, qui sont aussi syndiqués aux TUAC, sont ouverts depuis 10 ans. À la limite on les aurait bien laissé nous rattraper, mais régresser ça non."

Outre l'enjeu des salaires, il y a aussi la question de la sous-traitance. "Il y a dix ans, on était 200 à travailler ici, raconte le militant, aujourd'hui on est rendu 92." Tranquillement pas vite, l'employeur a fait progresser la sous-traitance dans le magasin. "Ça a commencé avec le département de vrac, il y avait 4 ou 5 personnes qui travaillaient là à 10$ ou 12$ de l'heure mais aujourd'hui tout est fabriqué à l'extérieur, même chose pour la boulangerie qui occupait 6 ou 7 personnes." Aujourd'hui, METRO voudrait que les livreurs placent eux-mêmes les produits sur les rayons. Le syndicat estime que cela ferait perdre 30 à 40 emplois. "D'après nos calculs, si toutes les demandes de l'employeur passent, il ne resterait plus qu'une trentaine d'employéEs".

Pourtant, METRO est tout sauf une entreprise en difficulté. D'après le journal Les Affaires, l'entreprise, qui emploie 7 719 personnes au Québec, est le leader de son domaine. Avec des profits en progression depuis 56 trimestres, METRO a fait des bénéfices nets dépassant 166 millions $ l'an passé. Son PDG est l'un des mieux payés au Québec avec 1 250 000$ de salaire, plus 2 200 000$ d'actions de la compagnie. En tout, il a empoché 28,3 millions en 2002 en additionnant son salaire et le profit de vente d'actions accumulées. Bref, METRO aurait amplement les moyens de bien payer ses employéEs, mais c'est sans compter sur "l'extrême compétitivité du marché de l'alimentation"...

Et bien parlons-en du marché! Il n'y a rien de fatal dans la précarité et les bas salaires. Aujourd'hui, l'immense majorité des employéEs du secteur du commerce de détail ne sont pas syndiquéEs. En s'attaquant de front au plus gros de la gang, Wal-Mart, les TUAC se donnent peut-être les moyens de renverser la tendance. Une percée significative chez Wal-Mart permettrait d'améliorer les conditions de travail des employéEs du géant, bien sûr, mais relâcherait également la pression sur tous les syndiquéEs de METRO, Provigo, Loblaws, Zellers et compagnie. En attendant, les 300 grévistes de Super C gardent le moral. Ils disent avoir un bon fonds de grève qui leur permettra de tenir "aussi longtemps qu'il le faudra." Pour les soutenir, vous pouvez aller faire un tour aux magasins de Beauport, Neufchatel et Lévis. Pour vous tenir au courant de la campagne de syndicalisation chez Wal-Mart, visitez

--ENCADRÉ--

LA NOUVELLE GÉNÉRATION DE SCABS? Les syndiquéEs des usines Shermag de Disraéli et de Victoriaville sont en beau joual vert. Profitant d'un conflit de travail qu'il a lui-même provoqué, l'employeur a délocalisé une partie significative de sa production en Chine et a annoncé, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires, que c'était définitif et qu'en conséquence la production serait nécessairement diminuée dans l'une ou l'autre des deux usines en conflit. "C’est inacceptable! C’est ça la nouvelle génération de scabs? C’est là où on en est rendu!" se demande la CSD.

MANDAT DE GRÈVE À 100%! Même si les employéEs d'une épicerie de Shawville ont voté pour la grève à 100% c'est quand même leur employeur qui les a mis en lock-out. Il parait que le propriétaire n'aimait vraiment pas les moyens de pression de la CSN qui faisait porter à ses membres un t-shirt sur lequel était écris: "The boss wants cheap labour and we say no "...

LES SCABS POLLUENT! L'aluminerie ABI de Bécancour a décidé de continuer de produire pareil, malgré la grève de ses quelques 800 syndiquéEs. Même si les scabs sont incapables d'assurer plus du tiers de la production normale, ils sont tellement poches que le Ministère de l'Environnement a noté une pollution de 6,5 à 12,5 fois plus importante que d'habitude. C'est tellement heavy que les feuilles des arbres sont déjà brunes en plein mois d'août.

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Au moment d'écrire ces lignes (16 août 04), il y avait plus de 3 028 prolos en grève ou en lock-out dans la "belle province".

(Extrait du numéro 3 de Cause Commune, le journal francophone de la NEFAC.)