Pour un transport en commun gratuit pour tous et toutes

La grève de la STM de novembre 2003 ainsi que la récente augmentation des tarifs nous rappellent que la question des transports nous touche toutes et tous, en tant qu’employé-e ou usager-e. En Belgique et en France, des anarchistes, des collectifs d’usagers agissent en faveur de la gratuité. Quelles sont les raisons de revendiquer la gratuité à Montréal et ailleurs?

EGALITE
Pour les 33 % des montréalais-e-s qui n'ont pas de voiture, les transports en commun sont le seul moyen de se déplacer : la gratuité, c’est l’égalité d’accès pour tous et toutes, c’est la liberté de circuler. Aujourd’hui, ce sont pour les personnes les plus défavorisées que les transports reviennent le plus cher, puisqu’elles ne bénéficient pas, dans le cadre de leur emploi, de voiture de fonction, d’indemnités de déplacement…. Et cette inégalité face aux transports s’accroît suite aux augmentations de tarif de la STM, dont la hausse récente de 4 % du tarif de la carte mensuelle, bien supérieures aux hausses de salaires…Les réductions pour les personnes de 18 à 25 ans (que la municipalité montréalaise a dû lâcher sous la pression des revendications) ne nous satisfont pas. D’autres usager-e-s ont des difficultés pour payer, et nous refusons une logique de charité publique.

ALTERNATIVE A LA VOITURE
Par ailleurs, il est évident que le choix du tout- voiture se révèle catastrophique : pollutions diverses, centre-ville engorgé, urbanisme en conséquence. L’idée de la gratuité n’a pourtant jamais frôlé l’esprit des décideur-es politiques (entre autres), alors que des exemples de villes aux transports en commun gratuits ont montré une multiplication par 4 ou 5 de leur utilisation (comme la ville belge d’Hasselt). Dans cette optique, il faudrait bien sûr prendre en compte cette hausse en augmentant la fréquence des bus et le nombre de lignes.

PAS DE TICKET= PAS DE TICKET!
Enfin, nous savons que la plupart des altercations, des agressions dans les bus ainsi que dans le métro sont en rapport avec la perception et le contrôle des tickets. La gratuité réduirait fortement la dégradation des relations entre conducteur-trice-s et usager-e-s. Elle éviterait également aux chauffeurs/euses le rôle de contrôleur que leur impose la direction en obligeant les passager-e-s à rentrer par l’avant du bus. La gratuité remettrait également en cause les projets de plus en plus sécuritaires dans les transports, comme la vidéosurveillance.

QUI PAYE QUOI?
Toute production a bien sûr un coût, et la gratuité est toute relative. Mais aujourd’hui, ce sont essentiellement les parts des budgets municipaux et des subventions diverses qui financent les transports en commun, et non pas les tickets et abonnements. Ce que nous payons en tant qu’usager-e-s ne se base que sur le principe de « tout se paye ». De fait, des économistes (loin d’être révolutionnaires) estiment les recettes de tickets égales au coût des machines de compostage, de leur entretien, des contrôleurs… Nous payons donc notre contrôle ! Ainsi, toujours dans la même logique, l’acharnement envers les contrevenant-e-s pour qu’ils/elles paient leurs amendes coûte plus cher en procédure que le montant de l’amende. Plus globalement, le coût pour la société des infrastructures pour la circulation et le stationnement des voitures n’est pas comparable à celui des transports en commun. A Hasselt, ville belge de 70000 habitants, la commune a choisi la gratuité des transports à la construction de parking. A Vitré, ville française, depuis le 1er mai 2002, les bus sont gratuits. La ville versait environ 250 000 $ à la régie de transport alors que les recettes sur les tickets et abonnements s’élevaient à 30 000 $.

POUR UNE GESTION DIRECTE
A Montréal, les transports sont à la charge de la STM. Comme toute entreprise capitaliste, son but est de produire au moindre coût, ce qui se traduit par la dégradation des conditions de travail des salarié-e-s et de la qualité de ces services. Les services publics n’ont pas vocation à générer du profit pour des actionnaires mais à satisfaire les besoins de toutes et tous. Il est temps de se réapproprier les transports en commun et les services publics en général. Leur fonctionnement et leur développement doivent être choisis et contrôlés par celles/ceux qui y travaillent et celles/ceux qui les utilisent, par la gestion directe.

Lien utile :
http://ratp.samizdat.net, site du Réseau pour l’Abolition des Transports Payants.